Entre moyen et pas mal

Entre moyen et pas mal
SANS ELLE...
De Anna de Palma
Avec Aurélien Wiik, Bérénice Bejo et Vitor Norte

Mon avis : +/++

Anna de Palma réalise un premier film ambitieux mais totalement inégal, qui vacille entre l'excellent et le très mauvais. Mais cela se pardonne puisque c'est là sa première réalisation et que tout le monde n'est pas Sofia Coppola ou Patty Jenkins. Sans elle... traite du thème de la famille, des racines... mais surtout d'une histoire incestueuse entre un frère et une soeur perdus l'un sans l'autre, et égarés dans leurs racines. Quelle est la limite entre la France et le Portugal ? Problèmes d'appartenance, problèmes de famille, problèmes de racisme, problèmes de relations amoureuses, problèmes des barrières de langue... Le vrai problème dans cette histoire, c'est que Anna de Palma se pert à force de vouloir traiter trop de choses dans un même film. Le thème principal est l'inceste, et le reste devait n'être abordé qu'en filigrane. Malgré des beaux plans, des acteurs promotteurs et une belle lumière, le film rase le sol et ne s'envole jamais. Ceci dit, la metteur en scène a du talent. L'avenir nous parlera d'elle.
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# Posté le mardi 17 mai 2005 18:40

Une nullité flamboyante

Une nullité flamboyante
LEMMING
De Dominik Moll
Avec Laurent Lucas, Charlotte Gainsbourg et Charlotte Rampling

Mon avis : -

Jusqu'à quelque point un réalisateur peut nous prendre pour des cons ? Jusqu'à quel niveau le narcissisme peut-il aller ? Jusqu'à quelle hauteur de débilités peut mener un film ? Jusqu'à quel point des acteurs sont inutiles ? Jusqu'à quel stade peut mener l'inexistence d'un scénario ? Au maximum pour ce film. Et ce, pour toutes les questions évoquées. Supplice temporel (on bouge sur son siège, on regarde sa montre une fois, deux fois, trois fois... puis on ne compte plus...), Lemming est une insulte au cinéma. Dominik Moll n'a strictement rien à dire dans son film. Tout comme ses acteurs, pathétiquement perdus dans une fiction d'une inexistence presque fascinante. Ayant assez perdu de temps dans la salle, je vais pas perdre mon temps à écrire sur une oeuvre d'une vacuité inquiétante. Je conclus : Lemming est un film nul, tellement nul qu'on pourrait en rire. Mais non, on n'en rit pas. On sort les poings serrés de colère contre cette perte de temps en compétition à Cannes. Le monde est ironique, non ?
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# Posté le mardi 17 mai 2005 18:22

Délicieusement sadique

Délicieusement sadique
CREEP
De Christopher Smith
Avec Franka Potente et Vas Blackwood

Mon avis : +++

Creep dispose d'un scénario famélique : une femme paumée dans un métro londonien après avoir raté le dernier train. Un personnage récurrent : le tueur sadique et sans pitié qui se ballade et qui est maître des lieux. Et pourtant, le résultat est de grande qualité. Tout d'abord, au niveau de l'histoire, même si le scénario est méga-light, il a le mérite de mettre en avant le côté glauque des métros (pour l'une des premières fois au cinéma). L'utilisation de l'espace est impeccable ; le réalisateur nous invitant dans un labyrinthe terriblement morbide. La mise en scène est nerveuse et d'une efficacité tranchante. Quelque part entre les séries B des années 80 (Evil Dead de Sam Raimi) et le chef-d'oeuvre de Hooper (Massacre à la tronçonneuse), Creep joue avec habileté avec tous les ingrédients qui font un bon film d'horreur. L'image est parfaite. La bande sonore honorable. Et même si l'on sombre avec certaines scènes caricaturales (taper une fois le tueur sans le tuer par exemple), le tout est un milk-shake sanglant. Invitation au cauchemar, mise en scène intéressante, Creep se paye même le luxe de signer l'une des fins les plus fines dans ce genre cinématographique. Pour vous dire que c'est une réelle surprise.

# Posté le mercredi 11 mai 2005 16:59

Visuellement époustouflant mais long

Visuellement époustouflant mais long
SIN CITY
De Robert Rodriguez et Frank Miller
Avec Bruce Willis, Clive Owen et Benicio Del Toro

Mon avis : ++

Bruce Willis, Clive Owen, Benicio Del Toro, Mickey Rourke, Jessica Alba, Josh Hartnett, Elijah Wood, Brittany Murphy, Rosario Dawson... au casting, Robert Rodriguez et Frank Miller à la caméra (avec Quentin Tarantino en guest-director)... Comprenez que l'attente de Sin City suscite une excitation incroyable. Cependant, le résultat est mitigé et le film complètement décousu. Dans cette ville, gangrennée par la criminalité, les flics corrompus, la violence et le machisme, trois histoires se détachent et se relient. Trois histoires inégales mais dont le souci de l'esthétique est poussé à l'extrême. L'image est d'une pureté et d'une beauté saisissante. Très tarantinesque dans la violence, Sin City est un condensé de brutalité et de scènes chocs. L'essence même du problème réside dans l'attention extrême que Rodriguez et Miller prêtent à la forme de leur film. Du coup, il y a moins de fond. Il est vrai que l'intérêt même du film, c'est cette forme novatrice et captivante (long métrage tourné en noir et blanc, avec très peu de couleurs pour recréer l'univers BD) mais au bout de 2h15, la démonstration visuelle perd de sa force et laisse place à l'ennui. Un film hybride avec un bel emballage mais long.

# Posté le lundi 09 mai 2005 04:24

Modifié le lundi 09 mai 2005 04:59

Décevant

Décevant
L'INTERPRETE
De Sydney Pollack
Avec Nicole Kidman et Sean Penn

Mon avis : +/++

Avec son sujet jamais traité au cinéma et son casting sur mesure, L'Interprète se plaçait dans la liste des films les plus attendus de cette année. Mais, la déception est conséquente. Dans les points positifs, on note encore une fois une performance de Nicole Kidman, juste, glaciale et convaincante. Il y a aussi les lieux du tournage, garants de la véracité des propos ; en effet, le film a été tourné dans les locaux même des Nations Unis à New-York. Après un début intéressant, Syndey Pollack sombre dans le manichéisme et dépeint une réalité (réelle) de manière assez cliché et pas assez étoffée. En ce qui concerne Sean Penn, il campe encore une fois un personnage larmoyeux, hanté par son passé... histoire de continuer à faire ses mimiques pathétiques. Attention à ne pas sombrer que dans ce type de rôles ! (Mystic River, La dernière marche, 21 grammes... ça suffit). L'Interprète est un film ambitieux mais totalement plombé par sa ressemblance avec tant d'autres films. L'histoire est un peu innovante mais le squelette reste identique à celui d'un thriller standard. Décevant.
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# Posté le lundi 09 mai 2005 04:09