Poignant

Poignant
LE TEMPS QUI RESTE
De François Ozon
Avec Melvil Poupaud et Valeria Bruni-Tedeschi

Mon avis : ++++

Romain, jeune photographe hautain et indépendant, apprend qu'il ne lui reste que quelques jours à vivre. C'est le sujet du dernier film de François Ozon, l'un des meilleurs metteurs en scène français de sa génération. Après 8 femmes, Sous le Sable ou 5x2, le rôle principal du temps qui reste revient pour la première fois à un homme : Melvil Poupaud. Ce dernier livre une prestation intense basée sur une infinie subtilité des émotions. L'ultime long métrage de François Ozon n'est pas un film tire-larme malgré la gravité de son propos. Ozon préfère épurer son récit en amputant toute fioriture lacrymale. Et réussit une nouvelle fois ce qu'il maîtrise le plus : capter avec sa caméra la réalité brute de l'évidence. A l'image de la dernière scène. Un film beau et fort.
[ Kommentar hinzufügen ] [ Kein Kommentar ]

# Online seit Donnerstag, 22. Dezember, 2005 um 15:19

Impressionnant,... mais encore ?

Impressionnant,... mais encore ?
RIZE
De David LaChapelle
Avec Tommy the Clown, Lil C

Mon avis : ++

Le photographe percutant, David LaChapelle, fait tomber son appareil photo pour s'essayer à la mise en scène d'un docu-choc. Il se penche sur un phénomène sociale né dans les banlieus de Los Angeles : le krump. Danse révolutionnaire, qui tient ses racines dans les premières tribus d'Afrique. Tommy Le Cown amuse donc des enfants pour des a nniversaires ou des fêtes en dansant le krump. Très vite, le mouvement est lancé et tout le monde adopte cette danse, véritable exutoire à la colère. Danse défoulatoire, danse habitée, danse presque surhumaine quand elle touche du doigt la transe, le krump est formidablement filmé par le metteur en scène. De très belles images défilent avec, en parallèle, un portrait au vitriole d'une société en mal de vivre. Drames sociaux ou procès de Rodney King pigmentent l'histoire. Mais, malheureusement, on s'ennuie très vite malgré la prestation grandiose des acteurs. Les chorégraphies se répètent inlassablement pour dire la même chose : la danse contre la violence. Après trois chorégraphie, ça passe. Au-delà, ça lasse. Rize reste néanmoins une oeuvre à découvrir pour l'humanité de sa tonalité.

# Online seit Freitag, 11. November, 2005 um 06:12

Emouvant mais long

Emouvant mais long
KEANE
De Lodge H. Kerrigan
Avec Damian Lewis et Abigail Breslin

Mon avis : ++

Cinéaste très discret et peu prolifique, H. Kerrigan présente son nouveau film : Keane. Film qui porte bien son nom car il se consacre essentiellement à suivre, dans des plans très serrés, l'errance psychotique d'un homme rongé. Keane n'arrive pas à accepter la disparition subite de sa fille et arpente les rues et la gare dans le but de recueillir la moindre information susceptible de créer le miracle. Acteur quasi-inconnu, Damian Lewis est la véritable sensation du film. Il livre une interprétation forte et touchante. Malheureusement, il constitue également, par les yeux du réalisateur, le point faible du film. Paradoxe évident mais paradoxe quand même. 1h30 derrière les pas de cet homme : c'est long. Sans variante vraisemblable, le film fait osmose avec l'acteur jusqu'à l'obstruation ; là ou l'émotion devait être vive, elle devient accessoire. Emouvant mais vite oublié.
[ Kommentar hinzufügen ] [ Kein Kommentar ]

# Online seit Donnerstag, 10. November, 2005 um 17:06

SIX FEET UNDER

SIX FEET UNDER
Quand la perfection trouve enfin des chaussures à ses pieds, il faut en parler. Et j'en parle. J'écris ce message alors que je viens tout juste de terminer le visionnage du dernier épisode de la plus grande série de tous les temps.

Lancée en 2001 sur les ondes de HBO, le bébé de Alan Ball (scénariste oscarisé pour sa prouesse d'écriture dans American Beauty) enchaîne très vite les critiques élogieuses et touche un public totalement conquis. Doté d'un casting absolument royal, Six feet under se place aux antipodes des séries actuelles. Anticonformisme teinté d'humour noir, subtilités remarquables au niveau du script, la série qui met en scène la famille Fisher se moque de plaire à la masse. Au contraire, elle abordera de front des thèmes délicats sans la pression insupportable de la censure américaine. Tel est l'avantage de l'avènement des chaînes câblées dans le pays de l'oncle Sam.

Six feet under raconte le quotidien inhabituel et édifiant d'une famille de croquemorts : les Fisher. Le pilot, réalisé par Alan Ball (créateur de la série et ouvertement gay), plante très vite le décor. Nathaniel Fisher meurt dans un accident de voiture et laisse derrière lui trois enfants (deux garçons : Nate et David ; et une fille : Claire), sa femme (Ruth) et l'entreprise familiale. Et ce, le jour de Noel alors que Nate vient voir sa famille pour les vacances. Les deux frères devront reprendre le flambeau de l'entreprise de pompes funébres et affronter leur différence apparente ainsi que les contradictions du métier. Ruth devra apprendre à vivre sans son mari, et à retrouver une once d'espoir. Enfin, Claire, torturée et sincère, tente les expériences de la vie pour trouver sa véritable identité.

Le ton est très vite donné dans les épisodes précédents. Chacun d'entres eux démarre par la mort, inhérente à la série. La mort, partout et toujours. Tantôt drôle, tantôt grave, les différentes morts évoquent les innombrables façons de gérer un deuil, selon la situation familiale ou la croyance.

La force de la série réside dans son écriture. Un style épuré, sincère et ultra-psychologique. Dans chacun des personnages, on retrouve une partie de soi-même. Les acteurs font passer tous les autres acteurs de série pour de la simple pacotille. Six feet under, c'est comme au cinéma. Seulement pour un long-métrage de 64 excellents épisodes. Renforcée par des réalisateurs de talents, des maquilleurs surprenants, des décors adéquates, des lumières sublimes, des costumes parfaits, on en vient très vite à utiliser le mot chef-d'oeuvre.

A la fois grave et émouvant, doux et amer, drôle et sérieux, Six feet under, contrairement à son côté macabre, est un incroyable hymne à la vie. Regarder les épisodes, c'est suivre une thérapie qui nous donne foi en la vie et qui nous prodigue une envie irrépressible de se dépasser pour mieux se connaître. De la première à la dernière image, on est dans les airs. Une série au firmament. Une lumière qui vient de nulle part. Une légende.

La perfection a trouvé son nom : elle s'appelle Six feet under. Pourquoi ? Parce qu'elle agit dans l'évidence du tout. Dans notre évidence à tous. Vivre, c'est apprendre à mourir.

# Online seit Dienstag, 20. September, 2005 um 13:51

Geändert am Mittwoch, 21. September, 2005 um 18:24

No comment

No comment
BRICE DE NICE
De James Huth
Avec Jean Dujardin, Clovis Cornillac et Alexandra Lamy

Mon avis : -

Près de 4 millions de spectateurs ont surfé dans cette vague de conneries. Une honte au cinéma. Sous toutes ses formes. Laissons les caméras à des gens qui ont des choses à dire. Laissons les gens qui savent procurer un divertissement travailler. Une nullité sans pareille. Navrant. Stupide. Ca ne fait même pas sourire. Oust !

# Online seit Sonntag, 05. Juni, 2005 um 16:46

Geändert am Donnerstag, 15. September, 2005 um 13:41