Un film de guerre sans guerre

Un film de guerre sans guerre
JARHEAD
De Sam Mendes
Avec Jake Gyllenhaal et Jamie Foxx

Mon avis : +++

Sam Mendes sort son troisième film après l'incontournable American Beauty et Les sentiers de la perdition. Le sujet est profondément politique et la manière de le traiter est originale à souhait. A la tête du casting, on retrouve l'acteur le plus en vue du moment : Jake Gyllenhaal (puisqu'on le retrouve également de le magistral film d'Ang Lee, Le secret de Brokeback Mountain). Il incarne Anthony Swofford, soldat parmi les premiers à être enrôlés pour la première guerre du Golfe. Jarhead (en référence à la coiffure des soldats) n'est pas un film de guerre comme ses prédécesseurs. Comme Terrence Malick l'a fait jusqu'à la moitié de La ligne rouge, Sam Mendes préfère ne pas montrer l'ennemi. De ce fait, l'ennui qui gangrène les soldats US est exacerbé. Avec des dialogues drôles (souvent tirés de Full Metal Jacket) et une mise en scène inspirée, Mendes livre un constat désolant sur l'absurdité des guerres. A quoi sert d'entrer dans l'armée pour baigner dans l'absurdité ? C'est la question qui parcourre l'esprit d'un groupe d'hommes emplis d'humanité. Mendes dépose au final un film remarquable rythmé par une bande-son parfaite.

# Online seit Freitag, 17. Februar, 2006 um 14:30

Geändert am Samstag, 18. Februar, 2006 um 07:55

Meirelles confirme

Meirelles confirme
THE CONSTANT GARDENER
De Fernando Meirelles
Avec Ralph Fiennes et Rachel Weisz

Mon avis : +++

Fernando Meirelles avait créé la sensation en 2002 au festival de Cannes avec La cité de Dieu : plongée implacable dans l'univers des favelas de Rio de Janeiro. Comparé d'emblée à Scorsese, ce metteur en scène brésilien démontre d'indéniables qualités dans sa mise en scène. Plans serrés, utilisation calculée de filtres, Meirelles se place alors dans la liste des réalisateurs « à suivre ». En 2005, il réédite l'exploit avec The constant gardener, adaptation du livre de John le Carré dans lequel un diplomate essaie de comprendre pour quel combat idéologique sa femme a été assassinée. Filmé caméra à l'épaule dans la splendeur des paysages du Kenya, Meirelles dénonce les pratiques criminelles des industries pharmaceutiques. Entre des états corrompus et des intérêts mondiaux, la triste Afrique est le cobaye. Guérir la famine par des médicaments : c'est la version officielle. Tuer par des médicaments testés pour la première fois sur des pauvres : c'est la version officieuse. Meirelles lève le voile sur la monstrueuse vérité au fur et à mesure que son protagoniste recolle les pièces d'un puzzle international. Rachel Weisz livre une prestation sobre et juste. Un film épatant sur un continent dont la beauté fait corps avec la souffrance. On en ressort essoré, avec l'envie irrépressible de crier injustice.
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# Online seit Freitag, 17. Februar, 2006 um 14:29

Geändert am Samstag, 18. Februar, 2006 um 07:55

Les films à voir en 2005

LES FILMS A VOIR EN 2005

LA CHUTE
TU MARCHERAS SUR L'EAU
THE MACHINIST
MAR ADENTRO
SIDEWAYS
VERA DRAKE
NEVERLAND
RAY
36 QUAI DES ORFEVRES
LE COUPERET
LA VIE AQUATIQUE
DE BATTRE MON C¼UR S'EST ARRETE
CALVAIRE
BEFORE SUNSET
MILLION DOLLAR BABY
HOTEL RWANDA
VA VIS ET DEVIENS
MYSTERIOUS SKIN
MAN TO MAN
LOCATAIRES
GARDEN STATE
BATMAN BEGINS
LES POUPEES RUSSES
LA GUERRE DES MONDES
BOMBON EL PERRO
BROKEN FLOWERS
PARADISE NOW
COLLISION
ENTRE SES MAINS
LES NOCES FUNEBRES
TROIS ENTERREMENTS
MATCH POINT
RENCONTRES A ELIZABETHTOWN
A HISTORY OF VIOLENCE
LE TEMPS QUI RESTE
TROIS ENTERREMENTS
KING KONG
ANGEL-A

# Online seit Donnerstag, 22. Dezember, 2005 um 15:47

Geändert am Freitag, 23. Dezember, 2005 um 04:46

Luc Besson frappe avec tendresse

Luc Besson frappe avec tendresse
ANGEL-A
De Luc Besson
Avec Jamel Debbouze et Rie Rasmussen

Mon avis : ++++

Oubliez les films d'action, massifs et coûteux qu'a produits ou réalisés Luc Besson. Bons ou mauvais. Car, son nouveau film ne ressemble qu'à lui même. Il s'agit d'un ovni du cinéma qui restera graver dans le paysage du cinéma français. Besson explore un cinéma totalement inconnu et novateur. Tourné dans l'urgence et le secret dans un Paris quasi-désert, le dixième (et dernier ?) film du créateur de Léon surprend à tout point de vue. Tout d'abord, il y a Jamel Debbouze, à contre-emploi dans un rôle tendre et attachant. Son interprétation est remarquable. Ensuite, il y a Rie Rasmussen, sublimée par les prises de vue de Besson. Son accent et sa beauté irradient le film. Enfin, il y a Paris, troisième personnage principal. La caméra épouse la magie de la capitale française et le noir et blanc lui donne une beauté nouvelle, insondable. Chaque plan ressemble à l'une des plus belles photos de Doisneau. Chaque plan est un miracle, un morceau de cinéma révolutionnaire. Derrière la qualité impressionnante de la mise en scène, il y a l'histoire : profonde, touchante et universelle. Besson filme l'amour avec un point d'interrogation : comment être aimé si l'on ne s'aime pas soi-même? Dans une société obsédée par le culte de la beauté, il faut apprendre à découvrir qu'il y a du beau chez chacun d'entres nous. Dans ce Paris intemporel, désert et romantique, Luc Besson dresse avec son dernier film un hymne à l'amour, à la magie, au rêve. Onirique et sublime.

# Online seit Donnerstag, 22. Dezember, 2005 um 15:41

Geändert am Freitag, 23. Dezember, 2005 um 04:45

Surprise

Surprise
RENCONTRES A ELIZABETHTOWN
De Cameron Crowe
Avec Kirsten Dunst et Orlando Bloom

Mon avis : +++

Cameron Crowe est connu pour ses films à la fois personnels et hollywoodiens : Jerry Maguire, Presque célèbres ou Vanilla Sky. Pour sa nouvelle oeuvre, il recrute deux des acteurs montants les plus en vue d'Hollywood : Orlando Bloom et Kirsten Dunst. Bloom campe Drew Baylor, une jeune homme hanté par l'échec qu'il a fait subir à son employeur (Un milliard de dollars). Au point de vouloir se suicider. La mort de son père retarde sa sentence et provoque le miracle. Dans l'avion qui l'emmène à l'enterrement, il rencontre Kirsten, adorable hôtesse de l'air au charme piquant. Commence alors un récit humain et plein d'humour comme les affectionne Cameron Crowe. A la fois touchant et drôle, sensible et déluré, Rencontres à Elizabethtown est surtout l'histoire d'un homme qui essaie de se reconstruire. Crowe livre un film lisse mais attachant, nous offrant encore une fois, en tant qu'ancien critique musical, une bande son de qualité.

# Online seit Donnerstag, 22. Dezember, 2005 um 15:27