Mes gagnants à moi en attendant les césars... Le 25 février...

Meilleur film français de l'année
De battre, mon coeur s'est arrêté (Jacques Audiard)
Joyeux Noël (Christian Carion)
Le Petit lieutenant (Xavier Beauvois)
L'Enfant (Luc Dardenne, Jean-Pierre Dardenne)
Va, vis et deviens (Radu Mihaileanu)

Meilleur réalisateur
Michael Haneke (Caché)
Jacques Audiard (De battre, mon coeur s'est arrêté)
Xavier Beauvois (Le Petit lieutenant)
Jean-Pierre Dardenne, Luc Dardenne (L'Enfant)
Radu Mihaileanu (Va, vis et deviens)

Meilleur acteur
Romain Duris (De battre, mon coeur s'est arrêté)
Benoît Poelvoorde (Entre ses mains)
Patrick Chesnais (Je ne suis pas là pour être aimé)
José Garcia (Le Couperet)
Michel Bouquet (Le Promeneur du champ de Mars)

Meilleure actrice
Isabelle Carré(Entre ses mains)
Isabelle Huppert (Gabrielle)
Anne Consigny (Je ne suis pas là pour être aimé)
Nathalie Baye (Le Petit lieutenant)
Valérie Lemercier (Palais royal !)

Meilleur acteur dans un second rôle

Maurice Bénichou (Caché)
Niels Arestrup (De battre, mon coeur s'est arrêté)
Georges Wilson (Je ne suis pas là pour être aimé)
Dany Boon (Joyeux Noël)
Roschdy Zem (Le Petit lieutenant)

Meilleure actrice dans un second rôle
Noémie Lvovsky (Backstage)
Charlotte Rampling (Lemming)
Cécile de France (Les Poupées russes)
Kelly Reilly (Les Poupées russes)
Catherine Deneuve (Palais royal !)

Meilleur espoir masculin
Walid Afkir (Caché)
Louis Garrel (Les Amants réguliers)
Gilles Lellouche (Ma vie en l'air)
Aymen Saïdi (Saint-Jacques... La Mecque)
Adrien Jolivet (Zim and co.)

Meilleur espoir féminin
Linh Dan Phan (De battre, mon coeur s'est arrêté)
Mélanie Doutey (Il ne faut jurer de rien !)
Fanny Valette(La Petite Jérusalem)
Déborah François (L'Enfant)
Marina Hands (Les Ames grises)

Meilleur premier film
Anthony Zimmer (Jérôme Salle)
Douches froides (Antony Cordier)
La Marche de l'empereur (Luc Jacquet)
La Petite Jérusalem (Karin Albou)
Le Cauchemar de Darwin (Hubert Sauper)

Meilleure musique écrite pour un film
De battre, mon coeur s'est arrêté (Alexandre Desplat)
Joyeux Noël (Philippe Rombi)
La Marche de l'empereur (Emilie Simon)
Va, vis et deviens (Armand Amar)

Meilleure photo
De battre, mon coeur s'est arrêté (Stéphane Fontaine)
Gabrielle (Eric Gautier)
Les Amants réguliers (Willy Lubtchansky)

Meilleurs décors
Gabrielle (Olivier Radot)
Joyeux Noël (Jean-Michel Simonet)
Les Ames grises (Loula Morin)

Meilleur son
De battre, mon coeur s'est arrêté (Cyril Holtz, Brigitte Taillandier, Philippe Amouroux, Pascal Villard)
Gabrielle (Benoît Hillebrant, Guillaume Sciama, Olivier Dô Hùu)
La Marche de l'empereur (Laurent Quaglio, Gérard Lamps)

Meilleurs costumes

Gabrielle (Caroline de Vivaise)
Joyeux Noël (Alison Forbes-Meyler)
Les Ames grises (Pascaline Chavanne)

Meilleur montage
De battre, mon coeur s'est arrêté (Juliette Welfling)
La Marche de l'empereur (Sabine Emiliani)
Les Poupées russes (Francine Sandberg)

Meilleur court-métrage (PAS VU)
After Shave, Beyrouth après-rasage (Hany Tamba)
La Peur, petit chasseur (Laurent Achard)
Obras (Hendrick Dussollier)
Sous le bleu (David Oelhoffen)

Meilleur film étranger
A history of violence (David Cronenberg)
Mar adentro (Alejandro Amenabar)
Match point (Woody Allen)
Million dollar baby (Clint Eastwood)
Tu marcheras sur l'eau (Eytan Fox)

Meilleur scénario original
Caché (Michael Haneke)
Joyeux Noël (Christian Carion)
Le Petit lieutenant (Xavier Beauvois, Guillaume Breaud, Jean-Eric Troubat)
L'Enfant (Jean-Pierre Dardenne, Luc Dardenne)
Va, vis et deviens (Alain-Michel Blanc, Radu Mihaileanu)

Meilleure adaptation
De battre, mon coeur s'est arrêté (Jacques Audiard, Tonino Benacquista)
Entre ses mains (Julien Boivent, Anne Fontaine)
Gabrielle (Patrice Chéreau, Anne-Louise Trividic)
Le Couperet (Costa-Gavras, Jean-Claude Grumberg)
Le Promeneur du champ de Mars (Gilles Taurand, Georges-Marc Benamou)

# Posté le dimanche 19 février 2006 06:47

Modifié le dimanche 19 février 2006 10:55

Hostel gorissime

Hostel gorissime
HOSTEL
De Eli Roth
Avec Jay Hernandez, Derek Richardson, Eythor Gudjonsson

Mon avis : +/++

Eli Roth, après sa Cabin fever plutôt partagée, revient sur le devant de la scène présenté par un metteur en scène de taille : Quentin Tarantino. Eli Roth, très jeune réalisateur américain, ne s'intéresse guère à filmer des monstres ou des esprits. Il dit qu'il y assez d'horreurs ici-bas suffisantes à faire des milliers de films terrorisants. A la suite de la lecture d'un article sur le commerce du meurtre en Thailande, Eli Roth a un déclic et se hâte de téléphoner à son ami Quentin Tarantino pour lui présenter son idée : un film sur le commerce du meurtre et plus précisement, celui de la torture. Tarantino est réjoui criant qu'il s'agit d'une grande idée de cinéma et prie Eli Roth de commencer au plus vite son scénario.
L'histoire ? Deux jeunes étudiants américains entreprennent un voyage à la découverte de l'Europe et de filles faciles. Pendant une de leur escale, un homme bizarre leur parle d'un hôtel habité par des créatures sulfureuses à Bratislava. Ils décident de s'y rendre mais le cauchemar commence...
Eli Roth commence son film avec un générique glaçant dans lequel on voit une brute épaisse siffloter en nettoyant un sol jonché de restes humains. Des dents glissent sur le sang et d'autres liquides corporels. On est bel et bien dans un univers complètement gore qui rappelle le ciné des années 80. Le générique achevé, Eli Roth peine à faire décoller son histoire et met 45 minutes avant d'entrer de plein pied dans le domaine de l'horreur. Et dans ce domaine, il est capable du meilleur comme du pire. Ses qualités dans le cinéma d'horreur sont certes indéniables (il traite d'un sujet encore jamais exploité dans ce genre cinématographique). Les scènes de tortures débutent alors, tantôt filmées plein cadre, tantôt filmées en mode hors champ. Les meilleures scènes sont donc celles qui sont suggestives, dans lesquelles on entend mais on ne voit pas. Mais Eli préfère parfois pousser le spectateur jusqu'à ses plus infimes retranchements en filmant des séquences d'une violence malsaine. Il y a comme qui dirait, une apologie de la torture qui tire le film vers le bas. Au lieu d'être aussi trash, le réalisateur aurait pu s'arrêter à l'orée de la violence gratuite. Mais non, Eli fait la démonstration d'un cinéma qui n'a pas peur de ses limites. Le film aurait gagné à être un thriller car le sujet était intéressant.
Certaines séquences demeurent d'une très grande qualité (talons d'achille) et l'image rappelle l'univers filtré de Massacre à la tronçonneuse de Hooper.
Hostel reste cependant dans les esprits par la violence considérable de ses images, dont certaines sont tout simplement insoutenables. Et il y a aussi cette scène, la meilleure du film, durant laquelle le protagoniste tombe nez-à-nez avec un tortureur qui lui raconte ses motivations et ses techniques. Même si cela n'était pas escompté par Roth, cette discussion est bien plus glaçante que plusieurs de ses scènes gores.

# Posté le dimanche 19 février 2006 06:26

Modifié le dimanche 19 février 2006 10:42

Inoubliable

Inoubliable
LE SECRET DE BROKEBACK MOUNTAIN
De Ang Lee
Avec Heath Ledger, Jake Gylenhaal et Michelle Williams

Mon avis : ++++

Après ses oscars et fort du succès étourdissant de Tigre et Dragon, Ang Lee est en train de faire sensation actuellement, festival après festival, avec cette adaptation d'une nouvelle d'Annie Proulx. D'abord commençons par arracher cette étiquette que tout le monde colle au film : western-gay. Non, Le secret de Brokeback Mountain n'est pas un western-gay, n'en déplaise au puritanisme tranchant de l'Amérique profonde. Le film en a fait couler de l'encre et a heurté la sensibilité de bien des religieux ; puisqu'on lui a refusé diffusion à Salt Lake City par exemple. Une fois votre vision épurée de tous ces remparts moralisateurs à trois centimes, poussez la porte et entrez dans le tourment de cette histoire universelle.
L'histoire : deux jeunes cow-boys, Enis et Jack sont employés pour garder des troupeaux à Brokeback Moutain. Au milieu d'une nature sauvage filmée sous des angles d'une beauté incroyable, la langue d'Enis se délie. Lui qui n'arrivait plus à communiquer, renfermé dans sa propre personne. Face à un Jack plein de vie, plein de possibilités, l'amitié naissante se mue en une attirance incontrôlable. Le secret de leur amour habitera Brokeback Mountain, scélé par ce départ d'après transhumance. Les années passent...
Ang Lee donne un virage inspiré à sa carrière après son film de sabres. Il revient à ses origines, comme dans son intimiste Ice Storm. Et confirme qu'il est un conteur hors pair. Il filme la retenue, la douleur, l'angoisse, la mélancolie avec une délicatesse insondable. Les qualités de sa mise en scène ne font aucun doute et présagent, après un lion d'or à Venise, quatre Golden Globes et plusieurs autres prix, une consécration amplement méritée pour les prochains oscars.
Et puis, il a Heath Ledger, véritable révélation du film. Bien évidemment, il était déjà connu à Hollywood mais on ne lui connaissait pas une profondeur pareille. Rongé à vif par un amour impossible et par le secret, il livre une prestation qui le propulse dans la cours des grands. Jake Gylenhaal, même si un peu masqué par Heath Ledger, insuffle au film fraîcheur et entrain. Son interprétation est d'une grande justesse.
Le secret de Brokeback Moutain est un film déchirant, d'une beauté bouleversante. Parcouru par une musique magnifique, il dessine au fil des images l'amour rendu impossible par l'intolérance. Ang Lee nous dit ici, que le bonheur est parfois acquis, mais le combat pour le préserver est à y laisser ses plumes. Pessimiste mais essentiel. Un très grand film.

# Posté le samedi 18 février 2006 12:19

Modifié le dimanche 19 février 2006 05:03

Usual suspects bis

Usual suspects bis
LA VERITABLE HISTOIRE DU PETIT CHAPERON ROUGE
De Todd Edwards, Tony Leech, Cory Edwards
Avec les voix de : Maureen Dor, Michel Leeb

Mon avis : +++

Les images sont loin d'être aussi léchées que dans les films d'animation made in Pixar ou Dreamworks. Mais l'histoire a de quoi faire rougir tous les films d'animation de ces cinq dernières années. (Surtout) Destinée à un public adulte, la véritable histoire du petit chaperon rouge s'avère être un polar non sans référence à Usual suspect dans lequel chaque personnage est un menteur potentiel. Un polar dont les rouages dépassent l'entendement dans le monde féérique des dessins animés. Et oui ! Ce nouveau film redéfinie les possibilités des films d'animation en offrant d'autres aspérités aux mignons personnages inhérents à ce genre d'histoires : la grand-mère est-elle vraiment une tricoteuse du dimanche ? Le loup est-il si méchant qu'il n'y parait ?... Toutes ces questions ponctuent le film dans une ambiance déjantée et originale. Laissez-vous donc entraîner par cette myriade de personnages attachants et loufoques qui triturent ce célèbre conte.

# Posté le samedi 18 février 2006 08:09

Analyse

HOLLYWOOD ET LE POLITIQUEMENT (TRES) INCORRECT.


Depuis Fahrenheit 9/11, Michael Moore a relancé la mouvance des films qui pointent du doigt les déviances politiques de ce monde. De l'industrie de l'armement à l'ineptie de la guerre du Golfe, des pratiques douteuses de laboratoires pharmaceutiques à l'idylle homosexuelle entre deux cow-boys, les réalisateurs et les scénaristes dénoncent avec talent les maux de notre chère Terre.

On pensait les films politiques morts. Et voilà que les meilleurs long-métrages des deux derniers mois sont âprement engagés pour des causes diverses et bigrement intéressantes. On n'a rarement vu un tel phénomène dans le paysage cinématographique américain. Dans la nuit du 16 janvier, la cérémonie des Golden Globes s'est soldée par quatre prix majeurs pour le film Le secret de Brokeback Mountain : meilleur film dramatique, meilleur réalisateur pour Ang Lee, meilleure musique et meilleur scénario. Ce qui propulse le poulain de Lee en position de grand favori pour la course aux Oscars en mars prochain. Avec trente millions de dollars au box-office, un lion d'or à Venise, quatre Golden Globes et des critiques unanimes, Le secret de Brokeback Mountain reste un film qui fait grincer certaines dents avec sa love story homosexuelle. Cantonné à l'image de western-gay, le film de Ang Lee triture la vision du cow-boy viril, symbole de l'ouest et de nombres de chefs-d'œuvre du cinéma américain. Interdit dans un cinéma à Salt Lake City, cette histoire d'amour n'est pas de tous les goûts.

Comme si cela ne suffisait pas, un poids lourd du box-office US se lance également dans le politique et frappe là où ça fait mal ; il s'agit de Georges Clooney. Avec Good night and good luck, Clooney critique en filigrane la politique américaine actuelle. Dans ce film, un présentateur télé dénommé Edward R. Murrow dénonce les méthodes peu reluisantes du sénateur McCarthy. Filmé en noir et blanc, ce film est un concurrent solide pour l'oscar du meilleur film. Les pronostics annoncent un combat entre Good night and good luck et Le secret de Brokeback Moutain pour les célèbres statuettes dorées. Fait rarissime dans le cadre de l'académisme de cette cérémonie, qui préfère largement le politiquement correct.

Deux films se rejoignent également, The Constant Gardener de Fernando Meirelles (à qui l'on doit la co-réalisation du brillant La cité de Dieu) et Lord of war de Andrew Niccol. Le premier dresse un bilan édifiant sur une industrie pharmaceutique exerçant des activités criminelles en Afrique, le second sonde l'univers de l'industrie de l'armement dont les acteurs sont les sbires de nos dirigeants. Lord of war se permet également de nous préciser que les pays qui vendent le plus d'armes sont les membres permanents de l'ONU. Virulent constat.

Enfin, Jarhead de l'excellent Sam Mendes souligne avec une intelligence remarquable la dilettante armée américaine, prête au combat dans un désert, face à l'inconnu. Une guerre, des guerres, trop de guerres basées sur un flou total.

Hollywood est donc le théâtre d'une résurgeance du film à caractère politique. Et nous offre des films de qualité.

# Posté le vendredi 17 février 2006 14:34