UN CONTE DE NOEL
D'Arnaud Desplechin
Avec Catherine Deneuve et Mathieu Amalric
Mon avis : ++++
Près de trois ans se sont écoulés depuis le formidable Rois et Reines, porté par une presse enthousiaste. Trois années qui ont permis à Arnaud Desplechin de construire et peaufiner son nouvel objet cinématographique : Un conte de Noël. Présenté en sélection officielle au dernier festival de Cannes, le long métrage suit les vicissitudes d'une famille à l'occasion des fêtes de Noël.
Dès l'entame, le metteur en scène prend le temps de préciser les personnages, tout en laissant suffisamment d'ombre pour les révéler avec une grâce qui n'appartient qu'à lui. En 2h30, rien ne vient interrompre la force tranquille avec laquelle Desplechin orchestre son intrigue. Fort d'une pléthore de comédiens aussi justes qu'émouvants, il instille, au gré des humeurs et des dérives verbales, une saveur acidulée à ce portrait de famille. Parmi les interprètes figure l'excellent Mathieu Amalric, fils malaimé et incompris, direct et (in)sensible. Il incarne la pomme de la discorde balancée dans la gueule policée de ce parterre familial. Le trublion débarque en apportant avec lui les animosités vivaces qui campaient la maisonnée depuis une période ancestrale. Catherine Deneuve, impeccable en mère de famille blasée dans l'attente d'une greffe, confère au tableau une sorte de rupture délicieuse. Une mention spéciale sera attribuée à la scène de retrouvailles entre Amalric et Deneuve, écrite avec le tranchant d'un scalpel.
Les conflits naissent et sont exposés avec la sobriété et l'intelligence d'une mise en scène (au cordeau) qui n'est pas sans rappeler Bergman ou Vinterberg. Desplechin filme en apportant suffisamment de modernité à sa rigueur avant-gardiste, sans négliger la lumière ou la bande originale.
Le cancer, les cicatrices fratricides, l'arrivée d'une inconnue, la pièce de théâtre, les amours enfouies, la folie, la peur de mourir et de vivre se croisent pêle-mêle dans un film plein de sève et de mordant. Un conte de Noël est un conte pour adultes, avec un assaisonnement à dominante acide qui titillera vos zygomatiques, et qui vous prendra aux trippes avec toute l'ironie du monde.
D'Arnaud Desplechin
Avec Catherine Deneuve et Mathieu Amalric
Mon avis : ++++
Près de trois ans se sont écoulés depuis le formidable Rois et Reines, porté par une presse enthousiaste. Trois années qui ont permis à Arnaud Desplechin de construire et peaufiner son nouvel objet cinématographique : Un conte de Noël. Présenté en sélection officielle au dernier festival de Cannes, le long métrage suit les vicissitudes d'une famille à l'occasion des fêtes de Noël.
Dès l'entame, le metteur en scène prend le temps de préciser les personnages, tout en laissant suffisamment d'ombre pour les révéler avec une grâce qui n'appartient qu'à lui. En 2h30, rien ne vient interrompre la force tranquille avec laquelle Desplechin orchestre son intrigue. Fort d'une pléthore de comédiens aussi justes qu'émouvants, il instille, au gré des humeurs et des dérives verbales, une saveur acidulée à ce portrait de famille. Parmi les interprètes figure l'excellent Mathieu Amalric, fils malaimé et incompris, direct et (in)sensible. Il incarne la pomme de la discorde balancée dans la gueule policée de ce parterre familial. Le trublion débarque en apportant avec lui les animosités vivaces qui campaient la maisonnée depuis une période ancestrale. Catherine Deneuve, impeccable en mère de famille blasée dans l'attente d'une greffe, confère au tableau une sorte de rupture délicieuse. Une mention spéciale sera attribuée à la scène de retrouvailles entre Amalric et Deneuve, écrite avec le tranchant d'un scalpel.
Les conflits naissent et sont exposés avec la sobriété et l'intelligence d'une mise en scène (au cordeau) qui n'est pas sans rappeler Bergman ou Vinterberg. Desplechin filme en apportant suffisamment de modernité à sa rigueur avant-gardiste, sans négliger la lumière ou la bande originale.
Le cancer, les cicatrices fratricides, l'arrivée d'une inconnue, la pièce de théâtre, les amours enfouies, la folie, la peur de mourir et de vivre se croisent pêle-mêle dans un film plein de sève et de mordant. Un conte de Noël est un conte pour adultes, avec un assaisonnement à dominante acide qui titillera vos zygomatiques, et qui vous prendra aux trippes avec toute l'ironie du monde.
