MARTYRS
De Pascal Laugier
Avec Mylène Jampanoï et Morjana Alaoui
Mon avis : ++
« Enfin ! », cracheront les fans. Le 29 mai dernier, comme pour Baise-Moi de Virginie Despentes, la Commission de Classification des Films avait choisi d'interdire Martyrs aux moins de 18 ans. Très vite, des voix se sont élevées contre cette décision condamnant le film à une véritable tragédie commerciale : cinq copies tout au mieux pour sa sortie et des diffusions aux horaires des films pornos à la télé. Par conséquent, la sortie française prévue pour le 18 juin, a été repoussée jusqu'à nouvel ordre par Wild Bunch, le distributeur du long métrage.
Pascal Laugier n'a pas jeté pour autant l'éponge et a décidé de sauver son ½uvre. Après un entretien avec Christine Albanel, ministre de la Culture, et à la suite d'une foultitude de tractations, Martyrs se voit finalement interdit aux moins de 16 ans avec un avertissement. Victoire au poing, donc, avec des fans usés par une attente qui a commencé depuis le festival de Cannes, d'où le buzz est parti. Alors au final : pétard mouillé ou ovni ?
Une certitude : Martyrs se classe d'emblée dans la catégorie des films qu'on ne reverra pas, ces ½uvres qui par leur violence laissent une trace au fer rouge dans la mémoire des spectateurs. Construit en trois phases, le long-métrage ne repose pas, comme chez Shyamalan par exemple, sur une série de twists scénaristiques. Elle est simple, peut être même trop simple, et sa finalité demeure discutable éthiquement.
La banalité du scénario est certes contrebalancée par un souci de l'esthétique sidérant. Pascal Laugier, qui a préféré tourner au Canada pour la qualité de la lumière, réalise un véritable tour de force en termes de mise en scène. Dès les premiers instants, il installe une ambiance poisseuse et singulièrement oppressante et nous emprisonne dans nos sièges grâce à une séquence de massacre qui fera date dans le genre. L'originalité de Martyrs réside principalement dans sa déconstruction qui rend le scénario moins indigent et également dans la trituration des codes de l'horreur. Ici, il n'y a point de second degré comme dans les films gores de base, que l'on regarde avec un sourire angoissé ou dégoûté. Là, tout est reçu de manière violente, traumatisante, réaliste. Laugier avance, implacable et sans baisse de régime, dans un voyage qui mènera au c½ur de la brutalité humaine. Mais au profit de quoi ? Pourquoi ? Le spectateur se demandera constamment ce qui justifie un tel degré d'abominations visuelles et jugera, lorsque les lumières se rallumeront, si cette torture cinématographique en valait la peine.
Sans révolution dans les propos, Martyrs n'en demeure pas moins un objet cinématographique atypique et puissant qui va sûrement valoir à Laugier, après Alexandre Aja, une sollicitation Outre Atlantique. Ames sensibles d'abstenir.
De Pascal Laugier
Avec Mylène Jampanoï et Morjana Alaoui
Mon avis : ++
« Enfin ! », cracheront les fans. Le 29 mai dernier, comme pour Baise-Moi de Virginie Despentes, la Commission de Classification des Films avait choisi d'interdire Martyrs aux moins de 18 ans. Très vite, des voix se sont élevées contre cette décision condamnant le film à une véritable tragédie commerciale : cinq copies tout au mieux pour sa sortie et des diffusions aux horaires des films pornos à la télé. Par conséquent, la sortie française prévue pour le 18 juin, a été repoussée jusqu'à nouvel ordre par Wild Bunch, le distributeur du long métrage.
Pascal Laugier n'a pas jeté pour autant l'éponge et a décidé de sauver son ½uvre. Après un entretien avec Christine Albanel, ministre de la Culture, et à la suite d'une foultitude de tractations, Martyrs se voit finalement interdit aux moins de 16 ans avec un avertissement. Victoire au poing, donc, avec des fans usés par une attente qui a commencé depuis le festival de Cannes, d'où le buzz est parti. Alors au final : pétard mouillé ou ovni ?
Une certitude : Martyrs se classe d'emblée dans la catégorie des films qu'on ne reverra pas, ces ½uvres qui par leur violence laissent une trace au fer rouge dans la mémoire des spectateurs. Construit en trois phases, le long-métrage ne repose pas, comme chez Shyamalan par exemple, sur une série de twists scénaristiques. Elle est simple, peut être même trop simple, et sa finalité demeure discutable éthiquement.
La banalité du scénario est certes contrebalancée par un souci de l'esthétique sidérant. Pascal Laugier, qui a préféré tourner au Canada pour la qualité de la lumière, réalise un véritable tour de force en termes de mise en scène. Dès les premiers instants, il installe une ambiance poisseuse et singulièrement oppressante et nous emprisonne dans nos sièges grâce à une séquence de massacre qui fera date dans le genre. L'originalité de Martyrs réside principalement dans sa déconstruction qui rend le scénario moins indigent et également dans la trituration des codes de l'horreur. Ici, il n'y a point de second degré comme dans les films gores de base, que l'on regarde avec un sourire angoissé ou dégoûté. Là, tout est reçu de manière violente, traumatisante, réaliste. Laugier avance, implacable et sans baisse de régime, dans un voyage qui mènera au c½ur de la brutalité humaine. Mais au profit de quoi ? Pourquoi ? Le spectateur se demandera constamment ce qui justifie un tel degré d'abominations visuelles et jugera, lorsque les lumières se rallumeront, si cette torture cinématographique en valait la peine.
Sans révolution dans les propos, Martyrs n'en demeure pas moins un objet cinématographique atypique et puissant qui va sûrement valoir à Laugier, après Alexandre Aja, une sollicitation Outre Atlantique. Ames sensibles d'abstenir.
